Mésoamérique

3 clés pour déchiffrer le Musée d’Anthropologie


Dualité et cycles

Dans le hall du Musée, voir dans la peinture murale de Rufino Tamayo la lutte cosmique à l’oeuvre dans l’univers où les cycles se succèdent les uns aux autres, où la nuit suit le jour qui à son tour ressurgit des ténèbres, où la mort succède à la vie, où les règnes succèdent aux autres règnes, où les ères appelées soleils succèdent à d’autres soleils, le soleil diurne puis le soleil nocturne, puis à nouveau le soleil diurne, etc. Chacun des soleils, chacun des cycles, du plus petit au plus grand connait l’ascension, puis le déclin.

Quetzalcoatl est le serpent à plumes de quetzal, le soleil diurne, le jour et Tezcatlipoca est la jaguar, le soleil nocturne, la nuit. Et ils s’affrontent dans une lutte cosmique, symboles des forces opposées de l’univers.

Ainsi, la première clé pour déchiffrer les mystères de la Mésoamérique est la dualité et la deuxième clé est l’idée cycle.

La fleur de 4 pétales

Le fontaine dans la grande cour centrale du musée a la forme d’un parapluie géant. Elle est recouverte des symboles de la création du monde. Pour les Mésoaméricains en effet, l’univers avait la forme d’une fleur de quatre pétales, chacun indiquant l’une des régions cosmiques du monde, l’Est, l’Ouest, le Sud, le Nord, et le centre, l’axis mundi qui relie entre eux les étages verticaux du cosmos, depuis les neuf niveaux de l’infra-monde jusqu’aux treize ciels.

Ainsi, la deuxième clé pour percer les secrets des civilisations précolombiennes est la fleur de 4 pétales

Le lac immense

Quant au point d’eau parsemé de joncs et de papyrus, il rappelle l’horizon lacustre dans lequel vivaient les habitants de la vallée de Mexico (environ 1 million à l’arrivée des Espagnols), il rappelle le lac immense comme un miroir du ciel étoilé au milieu duquel, sur une petite île marécageuse, les Mexicas – plus connus comme Aztèques – avaient fondé leur ville au début du XIVe siècle : Mexico Tenochtitlán.
Aujourd’hui le lac a disparu presque complètement, les rivières et les canaux ne sont plus que les noms de grandes artères urbaines salles et polluées.

On peut parcourir le Musée d’Anthropologie tel un voyage dans le temps. Commençons alors par ce qui est le plus proche de nous, temporellement parlant et pénétrons dans la salle consacrée aux « Mexicas (se prononce méchica) Tenochcas », plus connus comme les Aztèques. Ces derniers avaient fondé leur ville sur une île du lac après avoir aperçu le signal envoyé par leur Dieu Huitzilopochtli.

Il s’agit du dieu tutélaire des Aztèques Mexicas. Le signal? L’aigle posé sur le cactus. Celui-là même que l’on trouve aujourd’hui sur le drapeau mexicain.

Les Mexicas sont donc temporellement proches de nous. Les magnifiques pièces exposées dans la salle mexica datent de la seconde moitié du XVe siècle et proviennent de l’antique centre cérémoniel alors que les cités de la vallée de Mexico vivent un âge d’or scientifique et culturel. Bien sûr la pratique du sacrifice humain entache le tableau. Mais Mexico à la fin du XVe siècle est l’une des grandes métropoles mondiales de son époque et d’une beauté époustouflante. Elle est reliée à un tissu de villes flanquées tout autour de l’immense lac. Le transport se fait principalement par barques. Les arts fleurissent.
Le roi de Texcoco, Nezahualcoyotl (1402-1472), allié du roi de Mexico fait planter des ahuehuetes, des arbres sacrés qui deviennent millénaires, autour du lac et à Chapultepec, et composent des vers à portée universelle:

Nada es para siempre en la tierra:
Sólo un poco aquí.
Aunque sea de jade se quiebra,
Aunque sea de oro se rompe,
Aunque sea plumaje de quetzal se desgarra.
No para siempre en la tierra:
Sólo un poco aquí.

D’autres artistes réalisent les chefs d’oeuvre de l’art plumaire. Et d’autres encore exécutent le chef d’oeuvre lapidaire de la culture mexica : la Pierre du Soleil.

 

 

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